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Paris, le 2 avril 2009

 

Monsieur le Premier ministre,

 

La section de la RN 19, comprise entre Boissy-Saint-Léger et la Francilienne, génère depuis de très nombreuses années un nombre grandissant de problèmes de sécurité, de circulation et de pollution dont souffrent plusieurs dizaines de milliers d'habitants du Val-de-Marne et de Seine-et-Marne. Cette situation, dénoncée par les maires des communes concernées et par de nombreux parlementaires, quelle que soit leur appartenance politique, atteint aujourd'hui son paroxysme et nous conduit à vous demander de nous recevoir.

Du fait de la RN 19, près de 50 000 véhicules traversent chaque jour Boissy-Saint-Léger, une ville de 16 000 habitants qui se trouve littéralement coupée en deux par ce flux ininterrompu. Cette circulation entraîne de multiples nuisances, sonores et polluantes, pour les riverains de cette route nationale. Chaque année, elle est également la source de nombreux accidents dont certains sont hélas mortels.

Compte tenu de cette situation, la nécessité de dévier cette circulation du centre ville de Boissy-Saint-Léger est apparue très tôt, il y a près de 30 ans, comme la solution la plus efficace pour résoudre les problèmes décrits. L'Etat et la Région ont d'ailleurs validé celle-ci en l'inscrivant dans les différents schémas directeurs de la région Ile-de-France qui se sont succédés depuis les années 80. Après enquête publique, le projet a fait l'objet d'une déclaration d'utilité publique en 1999.

Par ailleurs, l'Etat et la Région ont décidé d'associer leurs efforts, dans le cadre des Xlè et Xllè Contrats de Plan, pour réaliser la déviation de Boissy-Saint-Léger : 110 millions d'euros ont été inscrits et affectés à cette opération depuis 5 ans (70% à la charge du Conseil Régional d'Ile-de-France, 30 % à celle de l'Etat). Cette enveloppe ne correspondait, néanmoins, qu'à la moitié de ce qui était nécessaire pour achever la totalité des travaux. Le solde, évalué à environ 150 millions d'euros, devait être inscrit au Contrat de Plan suivant, remplacé depuis par le dispositif des Programmes de Développement et de Modernisation d'Itinéraires (P.D.ML).

Aujourd'hui, après avoir enregistré de très nombreux retards qui n'ont fait que nourrir l'incompréhension de la population et de ses élus, le chantier est arrêté et aucun engagement ferme n'a été apporté quant à l'achèvement des travaux : l'incertitude la plus absolue demeure quant à la réalisation de la tranchée couverte qui contournera le centre-ville de Boissy-Saint-Léger et qui constitue pourtant l'élément essentiel, la raison d'être du projet. En amont et en aval de l'opération, des ouvrages d'art ont été réalisés mais ils ne débouchent sur rien. Vous comprendrez que le spectacle d'un chantier déserté par les entreprises, de ponts et de ronds points n'étant pas raccordés au réseau existant et ne permettant pas de dévier la circulation, nourrisse le profond désespoir et la colère même des habitants.

Par ailleurs, l'aménagement de la RN 19 entre Boissy-Saint-Léger et la Francilienne, qui est le prolongement naturel de la première phase boisséenne, n'a pas non plus avancé en terme d'études. Les communes du Plateau Briard, Villecresnes, Marolles, Santeny, Mandres-les-Roses et Périgny-sur-Yerres notamment, ne se voient offrir aucune perspective quant à la prise en considération des problèmes qu'ils rencontrent du fait de la circulation sur la RN 19 alors même qu'elles en avaient reçu la promesse formelle.

Bien que chaque gouvernement, depuis le début des travaux en 2004, ait confirmé que la déviation de la RN 19 demeurait prioritaire dans le programme des travaux à réaliser, aucune assurance n'est apportée au moment même où le P.D.M.I. s'élabore. Le financement éventuel de la fin de la déviation de Boissy-Saint-Léger semble lié à la conclusion d'un partenariat public privé qui suscite beaucoup d'interrogations, pour ne pas dire d'incrédulité, de la part des habitants et de leurs élus.

Dans ces conditions, il nous paraît indispensable, Monsieur le Premier ministre, que vous acceptiez de nous recevoir ainsi que les Maires des 15 communes réunies au sein de l'Association pour l'Aménagement de la RN 19, afin de dissiper tous les doutes quant aux engagements de l'Etat sur un dossier pourtant exemplaire en matière d'amélioration de la sécurité, de l'environnement et de la qualité de vie de plusieurs milliers de Françaises et de Français.

Certains que vous entendrez l'expression de leurs attentes légitimes, nous vous prions d'agréer, Monsieur le Premier ministre, l'expression de notre très haute considération.

Christian Cambon
Catherine Procaccia
Didier Gonzales

Tag(s) : #Général
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